Management interculturel
Author: Jean-Pierre Doly
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Management interculturel et affinités électives

Amérique latine et Caraïbe, pour contribuer à un développement durable

Présentation

Dans le cadre de son partenariat stratégique avec la Fondation Union Européenne – Amérique latine et Caraïbes (EU-LAC), l’Institut des Amériques (IdA) organise chaque année à l’occasion de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes en France, avec l’appui du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, un colloque permettant de valoriser et de renforcer la relation bi-régionale. Le colloque 2016 (30 et 31 mai) est organisé conjointement avec CERALE – Centre d’Études et de Recherche Amérique latine Europe de ESCP Europe, institution membre de l’IdA.

Il constitue un événement à forte visibilité, réunissant chercheurs, responsables publics et représentants d’organisations internationales et du secteur privé, afin d’échanger leurs expériences en Europe et Amérique latine et Caraïbe en matière de management interculturel et durable.

Le thème du colloque renvoie aux « affinités électives » qui rapprochent l’Europe et l’Amérique latine ainsi qu’au défi incontournable, pour les entreprises et les États, de penser leurs activités et leurs politiques de façon durable, en respectant l’équilibre de l’environnement et en contribuant au développement social des populations concernées.

Le programme a abordé les thématiques étudiées par le CERALE depuis sa création et a visé à susciter le dialogue entre les différents champs du management public et privé.

> En savoir+ sur le colloque

Lors de ces  journées, Jean-Pierre Doly a présenté une étude sur les français expatriés en Amérique Latine et a animé la table ronde sur le thème « Management des équipes et des compétences dans les entreprises multiculturelles. » En voici un résumé :

Étude CERALE / Doly Partners

Nous avons réalisé en mars/avril 2016 une étude auprès d’une trentaine d’expatriés actuels ou passés en Amérique Latine (questionnaire et/ou entretiens).
D’après les dernières statistiques connues il y aurait 100.000 français en Amérique Latine dont 21.000 au Brésil, 18.000 au Mexique, 15.000 en Argentine, 12.000 au Chili, etc.
Les personnes que nous avons interviewées ont été ou sont pour 45% au Brésil, 40% en Argentine, 10% au Mexique, 5% au Chili – elles ont été pour la plupart expatriées dans d’autres pays (USA, Suisse, Chine, UK, Singapour, Maroc, Espagne) – leur expatriation a duré en moyenne 3.5 ans dans des entreprises industrielles, de services ou de conseils et des fonctions de PDG, DG, Commercial, Marketing, Achats,Supply Chain, Finances, RH, Secrétaire Général, Enseignant, Consultant, Entrepreneur.

Sur un plan personnel et familial

90% de ces personnes jugent très réussie leur expatriation, elles ont éprouvées le moins de difficultés quant à l’apprentissage de la langue, le contact avec les locaux, l’adaptation aux modes de vie, la scolarité des enfants, les loisirs, le logement, la nourriture, le climat et davantage de difficultés quant à l’accès au médical (coût plus élevé), l’éloignement avec la famille, l’obligation d’appuis politiques dans certains secteurs d’activité, l’insécurité de certaines villes et surtout les problèmes économiques (instabilité, coût de la vie, inflation, variation du taux de change…).

Ces personnes trouvent une grande proximité culturelle avec la France ou l’Europe Latine dans des pays « attachants » (malgré la pollution et l’insécurité) et avec des locaux eux aussi « attachants » (« coolitude » des brésiliens- connaissance voire admiration de la France pour les argentins). Ils sont aussi très heureux d’y trouver une communauté française présente et dynamique.

Sur un plan professionnel

Là aussi les personnes jugent leur expatriation très réussie (80%) ou plutôt réussie (20%) avec comme principales proximités avec la France :

  • l’organisation des entreprises,
  • les rapports avec les clients et les fournisseurs,
  • l’image de l’entreprise à l’extérieur,
  • le niveau de formation des managers locaux,
  • le style de management et de communication,
  • l’engagement et l’implication des salariés,
  • le climat social et certaines politiques RH (compétences, hauts potentiels, formation).

En revanche ces personnes ont évoquées quelques différences avec les entreprises en France : une bureaucratie et centralisation plus importante, parfois un manque de rigueur et de prise en compte des détails, la découverte de certaines traditions, codes, rites, coutumes ou cérémonies, et certaines politiques RH différentes (évaluation, promotion, rémunération).

Au final pour résumer en quelques mots les différences essentielles entre un entreprise en France et en Amérique Latine, ils trouvent que les entreprises de ce continent donnent davantage priorité aux contacts humains, avec des liens plus forts entre la vie professionnelle et personnelle et davantage de hiérarchie mais dans une ambiance moins formelle, plus conviviale et détendue.

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Table Ronde « Management des équipes et des compétences dans les entreprises multiculturelles »

Autant de points confirmés lors de la table ronde réunissant des personnes françaises travaillant pour des groupes français et un pour une grosse PME franco-espagnole, une personne d’origine espagnole ayant travaillé 40 ans au Venezuela pour un groupe international, une anglaise travaillant pour un groupe mexicain, un colombien travaillant pour un groupe français.
Certains ont mis l’accent sur certaines difficultés liées à l’instabilité politique et économique mais tous reconnaissent l’enrichissement et l’efficacité de travailler avec des équipes multiculturelles autour de valeurs fortes qui vont jusqu’à « célébrer les différences ».

L’émotionnel a une plus grande importance dans les pays d’Amérique Latine et la clé est pour eux dans la dimension personnelle du manager expatrié et dans sa façon de manager les hommes en s’adaptant à certains codes locaux. D’où la difficulté de manager à distance ou via vidéo conférence quand il s’agit de l’Amérique Latine.

Pour tous, le rêve de l’expatriation à l’ancienne est terminée entre autres car le rapport coût bénéfice n’est plus au rendez vous d’une part parce que le coût est de plus en plus élevé et surtout car le niveau des managers locaux est tel qu’une expatriation de managers français non seulement ne se justifie pas mais ces managers locaux ont ensuite des carrières importantes et intéressantes dans d’autres pays du monde. Les seuls expatriés encore intéressants peuvent être des VIE qui permettent à de jeunes français de se former à l’international à de moindres coûts pour les entreprises.

Par ailleurs un effort a été fait par certaines entreprises pour se rapprocher des universités ou écoles pour définir ensemble des programmes utiles aux entreprises internationales. Enfin il faut préciser qu’il y a de nombreux échanges entre étudiants d’Écoles européennes et d’Amérique latine (par exemple chaque année 75 étudiants de l’ESCP Europe vont effectuer un séjour en Amérique Latine et réciproquement 75 étudiants d’Amérique Latine viennent étudier dans l’un des 6 campus de l’école dont Paris).

 

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