Que pourrait être le management en 2030 ?

Jean-Pierre Doly a contribué à l’initiative de l’ami Philippe Détrie de demander à des personnalités du monde des affaires et de la société civile d’imaginer ce que pourrait être le « management en 2030 ! »
Philippe Détrie a organisé au sein de « La Maison du Management » qu’il a crée et anime avec beaucoup d’intelligence et de dynamisme. Une convention le 12 avril 2016 au cours de laquelle ont été présentées la synthèse de 72 contributions et des tables rondes avec certains contributeurs.

Les mots des contributeurs : « Révolution numérique » ; « Génération » ; « Durable » ; « Mondialisation » ; « Accélération » ; « Financiarisation » ; « Féminisation »

Les évolutions majeures en 140 caractères

  • La société 2030 ouverte, foisonnante, hybride générera des organisations agiles, collaboratives, responsables, apprenantes
  • Le manager de 2030 est proche : pragmatique, relationnel, ouvert, co-développeur, humoriste, entraînant

 

La contribution de Jean-Pierre Doly

Jean-Pierre Doly, fondateur de Doly & Partners, professeur à l’ESCP et au STAPS Nanterre, auteur de « L’accordeur de talents® ».

Jean-Pierre DolyIl y a quelques années, certains consultants avaient trouvé la bonne formule pour bien manager et un bon moyen mnémotechnique pour la retenir : appliquer la règle des 3 C (« avoir un cerveau, un cœur et… des tripes ! »). Aujourd’hui et encore pour de nombreuses années, je recommande d’appliquer la règle des 3 H (humanisme + humilité +humour). Et pour me l’appliquer à moi-même, je ne saurais dire (humilité) ce qu’il en sera du management en 2030 ! Une humilité qui n’est ni être faux modeste ou trop timoré mais une capacité à se remettre en cause, explorer de nouvelles pistes, questionner ses pratiques, éviter les extrêmes. Comme disait Antoine Riboud : « Attention au péché d’orgueil et avoir l’intelligence du doute ».

 

Mais que les hommes seront remis au centre des stratégies et organisations (individuellement et surtout collectivement), cela ne fait plus aucun doute ! (humanisme). Car en effet depuis le temps que l’on dit qu’après avoir tout tenté, tout acheté, tout créé, tout prévu, tout élaboré, tout imaginé, tout technologiquement inventé (et nous ne savons pas grand-chose de ce que nous aurons à notre disposition en 2030 !), ce sont les hommes et les femmes qui feront la différence, cela va bien finir par être vrai !

 

Mais les organisations et les managers seront de plus en plus soumis à des facteurs de contingence (politiques, économiques, démographiques, technologiques, socio-culturels, écologiques, environnementaux, juridiques…) les obligeant à s’adapter (faire des hypothèses, des scénarios) et à « gérer » certains paradoxes (prévoir l’imprévu, l’inattendu, le surprenant, intérêts individuels et collectifs divergents, temporalités différentes…).

 

Toutes les fleurs de demain étant les graines d’aujourd’hui, essayons donc de préparer au mieux ce que nous allons laisser en héritage, car la folie serait de continuer à se comporter de la même manière en espérant un résultat différent. Dans l’entreprise, le sport, la culture, l’interculturel et l’intergénérationnel devraient permettre une intelligence collective faisant (re)naître l’altérité, le partage, les interactions, les liens, l’intermédiation, la coopération, et des relations davantage horizontales entre des parties prenantes de plus en plus dépendantes les unes des autres.

 

Car en effet, de la qualité des rapports entre les personne dépendra la performance .C’est bien de la coopération entre des talents aux profils différents que naît la réussite collective. Le rôle du manager sera non seulement de détecter les talents, mais aussi et surtout de savoir les accorder, afin que la partition soit bien jouée, sans fausses notes, ni grincements. Et si le management consistait finalement à mettre chaque individu en situation de mieux réussir en groupe ?

 

C’est alors que les métiers de psychologues, sociologues, futurologues, mythologues, dialectologues, spécialogues seront remplacés par des paradoxologues, paléontologues, anthropologues, qui viendront rappeler que l’histoire n’est qu’un éternel recommencement et que l’expérience est une lanterne qui n’éclaire que le chemin parcouru comme le disait déjà Confucius il y a… 2.500 ans !

 

Quant à nous, après être passés par les ophtalmologues, radiologues, proctologues et autres sexologues, juste avant que les nécrologues ne s’occupent de notre cas, formulons le vœu qu’il reste quelques bons œnologues pour partager le dernier verre… car le vin d’ici est bien meilleur que l’eau de là !

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